Le rendez-vous manqué de Marie-Antoinette/L’entrevue de Saint-Cloud – Harold Cobert

"- Je me suis toujours méfiée des livres, comme de ceux qui en écrivent d’ailleurs…
Elle reste un instant songeuse, avant d’ajouter:
– Le dérèglement de leur imagination et celui qu’ils inspirent sont souvent dangereux…"

"L’Assemblée donne raison à Mirabeau. lorsqu’il se rassoit dans l’hémicycle, il se penche vers son fidèle collaborateur Dumont et lui glisse à l’oreille, en désignant l’inconnu:
- Il ira loin, il croit tout ce qu’il dit.
L’homme en question, favorable à des mesures d’exception pour faire face à des circonstances exceptionnelles, est député d’Arras, et se nomme Maximilien Robespierre."

"Marie-Antoinette fixe l’horizon avec un demi-sourire à la fois fasciné et effrayé.
– C’est diabolique !
Mirabeau fait un pas de côté et croise les mains derrière le dos.
- Non, Votre Majesté, c’est …
politique!"

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La quatrième
3 juillet 1790. Alors que la monarchie est en péril et l’avenir de la France incertain, Marie-Antoinette rencontre secrètement Mirabeau à Saint-Cloud. Ces quelques heures suffiront-elles au comte libertin pour modifier le cours de l’Histoire ? Car, paradoxalement, un seul désir anime l’orateur du peuple, l’élu du tiers état, celui de sauver le trône. Déployant toute son éloquence, le redoutable tribun saura-t-il rallier la reine à ses convictions ? Ce livre a précédemment été publié aux éditions Héloïse d’Ormesson sous le titre L’Entrevue de Saint-Cloud.

Verdict: La petite marchande de prose
Au départ j’ai eu un peu de mal, non pas par l’écriture qui est fluide mais par le rappel en mémoire des différents acteurs de la révolution française. Plus étudié depuis l’école, il ne m’a pas été aisé de remettre les pièces du puzzle dans le bon ordre : c’était du style, "punaise c’est qui celui là déjà!" Mais petit à petit cela s’est éclairci et j’ai pris plaisir à en savoir plus sur cette rencontre entre Marie-Antoinette et Mirabeau, les dessous de la révolution et la réalité qui en a découlé.
Un texte qui trahit la passion d’Harold Cobert pour le personnage de Mirabeau (sujet de sa thèse), qu’il partage avec nous.
Un livre à lire que vous soyez passionné d’Histoire ou non.

Le rendez-vous manqué de Marie-Antoinette/l’entrevue de saint-cloud, harold cobert, 2010, le livre de poche, 162 p., isbn 9782253161707

Pars vite et reviens tard – Fred Vargas

"Chez les Le Guern, on est peut-être des brutes, mais on n’est pas des brigands !"

"Je me demande si… les humains exposés aux fracas de la vie ne subissent pas la même érosion. Disparition des parties tendres, résistance des parties coriaces, insensibilisation, endurcissement. Au fond, une véritable déchéance."

"Qui dit superstition dit crédulité, continua Decambrais, lancé. Qui dit crédulité dit manipulation et qui dit manipulation dit calamité. C’est la plaie de l’humanité, elle a fait plus de morts que toutes les pestes entassées."

9782290349311FSLa quatrième
Ce sont des signes étranges, tracés à la peinture noire sur des portes d’appartements, dans des immeubles situés d’un bout à l’autre de Paris. Une sorte de grand 4 inversé, muni de deux barres sur la branche basse. En dessous, trois lettres : CTL. A première vue, on pourrait croire à l’œuvre d’un tagueur. Le commissaire Adamsberg, lui, y décèle une menace sourde, un relent maléfique. De son côté, Joss Le Guern, le Crieur de la place Edgar-Quinet, se demande qui glisse dans sa boîte à messages d’incompréhensibles annonces accompagnées d’un paiement bien au-dessus du tarif. Un plaisantin ou un cinglé ? Certains textes sont en latin, d’autres semblent copiés dans des ouvrages vieux de plusieurs siècles. Mais tous prédisent le retour d’un fléau venu du fond des âges…

Verdict: La petite marchande de prose

Depuis le temps que l’on me conseillait de lire un Fred Vargas, ça y est je me suis lancée.
J’ai découvert par la même occasion que Fred Vargas était une femme, je ne sais pourquoi je m’étais imaginé l’inverse, le côté polar surement.

Cela m’a fait beaucoup de bien de lire un policier, ça change un peu mes habitudes.  J’avoue que j’ai été séduite par les personnages, particulièrement le crieur de rue, breton, Joss Le Guern, mais aussi par Hervé Decambrais, personnage cultivé, bien plus que par Jean-Baptiste Adamsberg, policier  à la mémoire douteuse qui utilise des moyens mnémotechniques pour reconnaitre les gens.

J’ai été emmenée dans cette enquête au sein de Paris, où des criminels tuent à l’aide de la peste des victimes  qui semblent désignées. Mais s’agit-il bien du bacille de la peste ? Qui est l’auteur de ces meurtres ?  Un polar qui m’a dépaysé.

Pars vite et reviens tard, Fred Vargas, 2001, J’ai lu, 346 p., ISBN 9782290349311

a-tous-prix
Challenge A tous prix
de Laure

Challenge ô vieillesse ennemie

Première ! – Marc Quentin Szwarcburg

"Comme j’aimerais plutôt changer de cerveau. Tout effacer et reprendre la partie du début."

"Cette voiture est le symbole de l’absurdité de ma vie : brillante, inutile et largement surévaluée."

"Il me fit passer pour la dernière des cruches en me coupant sèchement, sur de lui : "Non, pour qu’une personne ressente le besoin de se cacher dans la lumière des projecteurs, c’est qu’il y a chez elle une déchirure plus profonde… lorsqu’on est équilibré, on n’a pas besoin de quémander à la terre entière : s’il vous plait, aimez-moi !"

"Pour ne pas jouer, il faut être mort, et encore…"

 9782350872179FSLa quatrième
Comment les comédiens s’occupent-ils à l’aube d’une première ? Daniel Barbane, star du grand écran, a une vision très paradoxale de la situation : il préférerait se faire briser les jambes ou orchestrer son propre enlèvement que de se produire au théâtre ce soir-là.
Quant à Catherine Cousin, sa non mais célèbre partenaire, elle donnerait tout, en revanche, pour monter sur les planches. Mais on programme – de rencontres en arnaques, de rendez-vous en déconvenues – ne s’annonce pas de tout repos.
Seul Gérard, éternel second rôle, vaque à ses occupations : ce n’est pas pour quatre répliques qu’il va s’angoisser.

Le rideau va bientôt se lever, la pression monte. A l’issue d’une folle journée où s’enchainent force sketches, est-ce que tout  le monde sera de la partie ?

Verdict: La petite marchande de prose

Recommandé par Harold Cobert lui-même lors de la foire du Livre de Limoges, en même temps :

  1. C’est un de ses amis
  2. Ils étaient assis côte à côte
  3. Je suis faible (pour refuser d’acheter des livres, j’entends)

Une lecture distrayante sur les coulisses du théâtre. L’auteur décrit les envies, les vocations et les désenchantements du métier d’artiste, ici, comédien. Tout y passe, celle qui a tout perdu et s’accroche à ses rôles comme à des bouées de sauvetage, celui qui rêve de réussir mais à 60 ans n’a toujours pas donné le coup de pied salvateur pour aller vers son but, celui qui a fait le tour du métier et n’y trouve plus de plaisir, le jeune premier, l’agent …

Marc Quentin Szwarcburg nous pousse à tirer sur la ficelle et la pelote qui en découle est pleine de nœuds où tout se mélange, mettant en évidence la réalité du milieu : le personnage et l’individu , l’imaginaire et le réel, le professionnel et le privé, des amours tumultueuses à en perdre son latin.

Un seul bémol dans mon avis, j’ai malheureusement compris dès les premières pages comment allait se terminer le livre, cette évidence a un peu gâché ma lecture mais un premier roman n’est jamais parfait…

Première !, Marc Quentin Szwarcburg, 2013, Heloise d’Ormesson, 215 p., ISBN 9782350872179

La femme de nos vies – Didier Van Cauwelaert

"Carpe diem, Marianne. Devise des épicuriens. « Cueille le jour », mais pas pour en faire des confitures. Pour le consommer, là, tout de suite. Manger le fruit sur l’arbre. C’est tellement plus sûr. J’emploie votre langage, voyez. Vous avez besoin de certitude. Mais le bonheur est la seule certitude, dans la vie."

"Si vous deviez me le décrire en une phrase, vous me diriez ? "Il a un problème. » C’est bien vous, ça. Pourquoi me répondez-vous d’emblée par du négatif ? Je vous demande ce qui le caractérise. Dites-moi : il est brun, il est grand, il est vierge ascendant Lion, musulman converti au bouddhisme, il y a des mains de pianiste, des épaules de bûcheron, il y aime le jazz alternatif, la position du missionnaire et les chaussures anglaises tout ce qu’on remarque en premier chez un homme, non ? C’est vous qui voyez. Elle est assez révélatrice, d’ailleurs, votre prononciation. Vous dites : preublème. Vous employez le mot si souvent, dans votre bouche, si s’est poli comme un galet."

"Oh si, je vois très bien quelles sont vos priorités. Le sacrifice, en premier lieu. Le sacrifice considéré comme un investissement. Ne pas s’autoriser de récréations tant qu’on n’est pas allé au bout de son projet, de sa mission, car nos adversaires n’attendent qu’un faux pas de notre part pour nous écraser, et le bonheur est un faux pas, alors rendons-nous malheureux pour être plus fort et ne pas risquer de trébucher. Réussir d’abord."

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La quatrième
Elle m’a sauvé la vie en m’offrant le plus fascinant des destins. J’avais quatorze ans, j’allais être éliminé en tant qu’attardé mental, mais grâce à elle on m’a pris pour un génie précoce. J’étais gardien de vaches, et je suis devenu le bras droit de plusieurs prix Nobel. Je lui dois tout : l’intelligence, l’idéal, l’insolence, la passion. Cette héroïne de l’ombre, d’autres l’ont fait passer pour la pire des criminelles.
Je viens enfin de retrouver sa trace, et je n’ai que quelques heures pour tenter de la réhabiliter.

Verdict : La petite marchande de prose

Découvert sur le blog de L’œil qui fume, je me suis plongée dans ce livre avec délectation. Didier Van Cauwelaert m’a surprise par l’écriture. En effet, la narration tout au long du livre est celle du héros, il parle, reformule les propos des autres mais jamais n’apparait aucun dialogue.  Ce monologue est son point de vue, sa façon de voir les choses.

David Rosfeld rencontre Mariane Le Bret au chevet de sa grand-mère mourante. Il prend la décision de lui raconter la vie de cette femme qui l’a sauvé enfant. Mais elle ne veut rien savoir d’elle, cette ancienne nazi ne rentrera pas dans sa vie ! C’est sans compter sur la détermination de David et sa façon bien à lui de révéler le passé.

Un récit que l’on ne peut lâcher, une bonne surprise. Nous allons de découvertes en découvertes. Passant par la réalité de la mort, l’eugénisme, l’amour, la science, le sacrifice, le nazisme, les secrets et l’humour, ingrédients d’un mélange rendant la lecture addictive, mais que s’est-il vraiment passé ? Qui était véritablement la grand-mère de Marianne ?

Au-delà de l’imagination de l’auteur, le nombre de personnages et de faits réels rendent authentique l’histoire, on en ressort un peu perdu. Et si…

La femme de nos vies, Didier Van Cauwelaert, 2013, Albin Michel, 293 p., ISBN  9782226246868

Challenge ô vieillesse ennemie

Un secret – Philippe Grimbert

"Un "m" pour un "n", un "t" pour un "g", deux infimes modifications.
Mais "aime" avait recouvert "haine",
dépossédé du "j’ai" j’obéissais désormais à l’impératif "tais"."

"Il fallait bien qu’un jour ou l’autre son fantôme apparût dans cette brèche, qu’il surgit de ces confidences. Ma découverte du petit chien de peluche l’avait arraché à sa nuit et il était venu hanter mon enfance. Sans ma vieille amie, peut-être n’aurais-je jamais su. Sans doute aurais je continué à partager mon lit avec celui qui m’imposait sa force, ignorant que c’était avec Simon que je luttais, enroulant mes jambes aux siennes, mêlant mon souffle au sien et finissant toujours vaincu. Je ne pouvais pas savoir qu’on ne gagne jamais contre un mort."

9782253117186FS

La quatrième
Souvent les enfants s’inventent une famille, une autre origine, d’autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s’est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu’il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas… Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c’est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu’il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l’Holocauste, et des millions de disparus sur qui s’est abattue une chape de silence. Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La Petite Robe de Paul. Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, il démontre avec autant de rigueur que d’émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l’exploration des secrets à l’œuvre dans nos vies.

Verdict : La petite marchande de prose

Un livre sur un secret de famille. Que se cache-t-il derrière ce frère imaginaire ?

Un sublime roman sur ce qui peut (dé)construire une identité. Comment dans des circonstances aussi particulières que celles de la deuxième guerre mondiale peut pousser des individus à faire des choix complexes.

Un texte introspectif, où l’analyse est au premier plan. Son auteur, psychanalyste, vient nous expliquer d’où il vient. Un témoignage pudique face à son histoire où se mêle confusion, souffrance et sacrifice.

La construction du livre est celle d’une enquête, il renvoie grâce à cette technique au vécu de la psychothérapie où la recherche d’éléments qui s’emmêlent mène petit à petit à une vérité.

Ce livre est une tragédie, douloureuse par sa réalité. Il ne peut laisser indifférent.

Un secret, Philippe Grimbert, 2006, Le livre de poche, 185 p., ISBN 9782253117186

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Challenge A tous prix
de Laure

La Mort du roi Tsongor – Laurent Gaudé

"J’ai connu moi aussi, plus d’une fois, la douleur de la perte. Je sais le voluptueux vertige qu’elle procure. Il faut te faire violence et déposer le masque de pleurs à tes pieds. Ne cède pas à l’orgueil de celui qui a tout perdu."

"Il avait trouvé le lieu de sa mort. Il devait en être ainsi pour chaque homme. Chacun avait une terre qui l’attendait. Une terre d’adoption dans laquelle se fondre."

"Lorsque le combat cessa et que les deux armées remontèrent dans les collines, défaites, épuisées, trempées de sang et de sueur, on eût dit qu’elles avaient accouché, dans la plaine, d’une troisième armée. Une armée immobile. Allongée face contre terre."

 9782253108610FSLa quatrième
Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d’un empire immense, s’apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c’est Troie assiégée, c’est Thèbes livrée à la haine. Le monarque s’éteint ; son plus jeune fils s’en va parcourir le continent pour édifier sept tombeaux à l’image de ce que fut le vénéré – et aussi le haïssable – roi Tsongor. Roman des origines, récit épique et initiatique, le livre de Laurent Gaudé déploie dans une langue enivrante les étendards de la bravoure, la flamboyante beauté des héros, mais aussi l’insidieuse révélation, en eux, de la défaite. Car en chacun doit s’accomplir, de quelque manière, l’apprentissage de la honte.

Verdict: La petite marchande de prose

Un texte superbement écrit. J’apprécie beaucoup le style de Laurent Gaudé découvert il y a peu dans Pour seul cortège.
Dans ce récit, le roi Tsongor a conscience de ce qui va se jouer lors du mariage de sa fille. Les conséquences vont être désastreuses. Il décide de tout, donne des missions et pense changer le cours de l’histoire en se donnant la mort. Mais entre clairvoyance et le souhait de maitrise ce n’est pas si évident. Un déchirement sans fin va s’abattre sur son peuple.

Dans le même temps, son plus jeune fils sera contraint à l’exil pour construire les sept tombeaux qui pourront accueillir son père.

Une histoire cruelle où honte, solitude, fidélité,  tristesse, gloire, choix et destins sont liés. Un livre où le monde des morts côtoie celui des vivants, témoignant de la dévastation en train de se produire. J’ai hâte de découvrir d’autres livres de cet auteur.

La Mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé, 2002, Le livre de poche, 220 p., ISBN 9782253108610

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Challenge A tous prix
de Laure

Challenge ô vieillesse ennemie

La pluie, avant qu’elle tombe – Jonathan Coe

"Que c’est difficile de t’expliquer tout ça dans le bon ordre ! Comme d’habitude, je suis censée te décrire une photo, et je te raconte tout pèle-mêle. Mais peut-être qu’il n’y a pas d’ordre, après tout. Peut-être que l’ordre naturel des choses, c’est le chaos et l’aléatoire. Je ne suis pas loin d’en être convaincue."

"Tu comprends, ça n’existe pas la pluie, avant qu’elle tombe. Il faut qu’elle tombe, sinon ça n’est pas la pluie. C’était un peu ridicule de vouloir expliquer ça à une enfant, et je regrettais de m’être lancée là-dedans. Mais Théa ne semblait avoir aucun mal à saisir le concept – bien au contraire: au bout d’un instant, elle m’a regardée avec pitié en secouant la tête, comme si c’était éprouvant pour elle de discuter de ces matières avec quelqu’un d’aussi obtus. "Bien sûr que ça n’existe pas, elle a dit. C’est bien pour ça que c’est ma préférée. Une chose n’a pas besoin d’exister pour rendre les gens heureux, pas vrai?"

"Et pourtant, quelquefois, les images qu’on retient, celles qu’on garde en mémoire, sont bien plus vives et bien plus précises que tout ce qu’un appareil peut immortaliser sur pellicule."

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La quatrième
Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S’appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd’hui, l’histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l’enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences? Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d’inscrire l’intime dans l’Histoire, l’obsession des coïncidences qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s’il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave et le plus poignant.

Verdict : La petite marchande de prose

Oui, j’ai aimé être conviée à écouter ces cassettes : le témoignage de Rosamond. Elle raconte l’intime de l’histoire familiale à travers plusieurs générations de femmes. Comment l’horreur peut toucher une famille. Il s’agit de non-dit, d’amour, d’abandon dans un récit touchant.
Dans une description de photos choisies, la narratrice explique les tenants et les aboutissants de ce qui s’est joué afin qu’Imogen comprenne d’où elle vient et ce qui a pu la construire.
Comme Gill et ses filles, nous écoutons sans en avoir vraiment le droit, amenant le lecteur au voyeurisme. Cette particularité créé une lecture excitante par l’attrait que représente la curiosité afin de connaitre une vérité qui ne nous appartient pas. Une lecture émouvante et bouleversante …

Merci à Minou pour cette jolie découverte :)

La pluie, avant qu’elle tombe, Jonathan Coe, 2009, Folio, 267 p, ISBN 9782070416967

LC sapristi mais tu n'as jamais lu ce livre.Challenge ô vieillesse ennemie